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Le vacanze.

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La mer par la fenêtre et le vol des hirondelles, le cliquetis des mâts, les vocalises des mouettes et les vagues qui s’échouent sur la digue, les marguerites qui poussent dans le sable, le petit-déjeuner sur la terrasse, lire sur une plage déserte et entendre parler italien : les vacances. J’avais rêvé de l’Iran, de Bali et de la Birmanie mais cette fois-ci, après des semaines de pression et de nuits trop courtes, je n’avais plus l’énergie pour un long vol, un grand voyage ni un vrai dépaysement – ce sera cet automne. C’est donc l’Italie, pour le ressourcement, les conversations qui chantent et les assiettes colorées ; la Sardaigne pour la découverte et l’insularité. Je vous emmène pour une première promenade sur la côte Est de l’île, sur la plage de Santa Lucia di Siniscola.

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Le village se prélasse autour de trois plages, dont l’une, superbe, déserte en cette saison, bordée de dunes, de pins maritimes, de tamaris et de marguerites, d’un sable blanc-gris qui inonde jusque la chaussée voisine, à peine troublée par la danse des sternes et de jeunes cormorans.

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Ci vediamo !

The heel.

Il faut se rendre à l’évidence, je développe une fascination pour les Pouilles. Tout m’émeut ici. Et je ne parviens pas vraiment à me l’expliquer. Les paysages sont la quintessence de la Méditerranée : des murets de pierres sèches pour faire office de cadastre, des oliviers, des vignes parfaitement soignées – l’histoire familiale me conduit à  toujours y porter une attention particulière, quelques reliefs et des villages qui hésitent entre la roche dorée de la région, friable, et qui s’est pliée à toutes les inspirations du baroque ou les façades chaulées qui, l’été, semblent s’écraser sous le soleil et ses quelques 38°C, à l’ombre. Et la mer, évidemment, qui trouve ici ses plus jolies nuances, une transparence turquoise, d’infinies étendues de sable clair et une température presque tropicale.

Mais ce que je savoure plus encore dans les Pouilles, c’est un art de vivre, un rythme délicieux de l’existence qui se prélasse. Encore à l’écart du tourisme estival, l’italien résonne partout, les rues et les places du centre-ville se livrent à la passeggiata lorsque le soleil amorce son déclin et que l’atmosphère devient plus respirable. Les persiennes se rouvrent, les bancs sont pris d’assaut  et les derniers rayons donnent cette tonalité merveilleuse aux façades – un ocre mordoré qui en fait ressortir chaque détail. Il suffit alors de s’asseoir en terrasse, pour un Bellini très frais et une bruschetta à partager sur laquelle les tomates et l’huile d’olive développent des parfums que l’on aurait presque oubliés. De la Grèce qui la colonisa, la région a conservé l’ataraxie.

Durant chaque journée de ce séjour, je mettrai l’accent sur un élément différent de ce qui fait le charme des Pouilles. Commençons par les lumières du crépuscule sur les façades. Ici, Manduria. 

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Saint-Tropez etc.

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Chaque été – sans en omettre un seul de mon existence, l’escale varoise s’impose. La boussole n’indique plus que cette côte sud, sa route de corniche, la terrasse ensoleillée et la vue sur la mer. Le temps se prélasse, le rythme de la vie se cale sur le ressac, la journée toute entière se déroule dehors, bercée par la brise marine. Les conversations s’intéressent à la direction du vent – craignant toujours les bourrasques du Mistral, à la température de l’eau, aux entrées maritimes, à la lune qui se lève, aux poissons du marché ou aux saveurs des olives. Le reste du monde semble s’être alangui dans un flou très lointain – on le croise parfois au détour des unes de la maison de la presse mais guère davantage, comme si ces moments passés au bord de la Méditerranée n’étaient qu’une douce parenthèse. Le séjour s’égrène entre une escapade matinale à Saint-Tropez – l’ascension de la citadelle pour la vue sur le Golfe, les pieds dans la Ponche et une promenade le long des vitrines (et en particulier celles de la rue Clemenceau), l’éternelle exploration de Gassin – en quête de la photo que je n’aurais pas encore prise, les spécialités locales qu’il faut organiser en menus pour être certains de n’en oublier aucune et le bain de mer quotidien, évidemment.

Il y a le plaisir de l’habitude, des repères, des souvenirs. Il y a la redécouverte permanente et ces infimes changements qui suffisent à nourrir mille interrogations. Il y a les histoires de famille – souvent les mêmes, que l’on raconte inlassablement comme pour en raviver la mémoire. Il y a la pleine lune sur la calanque. Le choix de coupons de tissus pour les jupes qui seront confectionnées à l’heure de la sieste. Toutes les nuances de la baie, les criques dont les reliefs se dévoilent dans la lumière du crépuscule, les routes qui sillonnent dans les forêts de chênes-lièges, les vignes impeccables. La radio italienne que l’on attrape dans un virage. Les tourterelles qui viennent de sustenter des miettes du petit-déjeuner. Le chant des cigales. Les odeurs de garrigue. De lavande. De citronnade. De poisson grillé. De basilic.

Toute la douceur de vivre a pris ses quartiers sur ce rivage.

Quelques adresses ici, qui seront complétées peu à peu.

On the shore.

Lorsque les températures refusaient obstinément d’atteindre des niveaux printaniers, je mis le cap au Sud, sur cette rive de la Méditerranée où j’ai quelques habitudes. Une poignée de jours à se griser des reflets sur les vagues, des fleurs sauvages le long de la route de corniche, de la douceur de l’air et de la brume de chaleur qui précède le crépuscule.