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Paseo en Buenos Aires.

Après des mois loin d’ici, je reprends doucement le temps de vous écrire. Ces derniers mois ont été d’une rare intensité professionnelle et à chaque accalmie, je préférais m’échapper – avalant ainsi le temps libre dans des promenades et des photographies que je n’ai toujours pas fini de trier ! Il faut à la fois accepter de ne pas pouvoir tout mener de front et de ne pas pouvoir donner à cet espace un contenu digne d’un blog professionnel. Alors plutôt que de me flageller parce que je ne parviens pas à écrire trois articles par semaine ou à éditer parfaitement chaque photographie, reprenons où nous en étions, avec la joie simple de l’amateur.

Pour (re)commencer, je vous emmène faire une première promenade dans les rues de Buenos Aires où j’ai passé quelques jours fin mars – j’ai profité d’un déplacement professionnel pour y rester un peu plus longtemps et explorer cette capitale d’Amérique latine aux accents européens. Avant mon départ, tous les collègues qui avaient déjà eu l’occasion de s’y rendre m’avaient dépeint la ville avec un enthousiasme sans faille et une foule de recommandations pour avoir un aperçu fidèle de cette cité aux diverses facettes en quelques jours.
Buenos Aires 2En haut : le long de Avenida de Mayo, le Palacio Barolo. En bas : La Boca, un slogan du 8 mars de la manifestation « Ni una menos » contre les violences domestiques, une devanture de San Telmo.

J’avais choisi de loger à San Telmo, un quartier ancien, pittoresque et visiblement en pleine évolution : les maisons récemment rénovées cohabitent avec des presque ruines envahies de végétation, les restaurants historiques côtoient sans complexes des bars conceptuels ou des cantines healthy. Fruit du hasard, L’Adresse, l’hôtel où je séjournais, est tenu par un couple de jeunes français, installés depuis cinq ans en Argentine et qui se sont eux-mêmes lancés dans la rénovation d’une maison coloniale décatie pour en faire un hôtel de charme, à deux pas de la calle Defensa, de son marché dominical et de ses antiquaires et de l’avenue Caseros qui fourmille de jolies terrasses.

Dès les premiers pas, le quartier vous immerge dans un contraste permanent, entre les caractéristiques d’une architecture familière – certains édifices évoquent Paris, les ruelles des villes de l’Hérault ou de Toscane – et des aspects jusqu’ici jamais observés – une palette chromatique inhabituelle, des façades qui arborent des œuvres de street art, des cours intérieures en enfilade qui ne ressemblent en rien aux patios andalous.

Buenos Aires 1À gauche et en haut à droite, les façades de San Telmo. En bas, à Palermo Soho.

Buenos Aires est un festival de couleurs vives, d’hommages à Maradona ou de délires bariolés, psychédéliques ou végétaux, de rues encadrées de verdure, de cours cachées derrières des portes cochères ou des balcons de fer forgé. Les portes étroites et rapprochées dessinent de jolies dissymétries et les devantures de magasins se parent d’enseignes désuètes – bonheur visuel pour tout amateur de typographie. Le jeu de la comparaison et des évocations ne faiblit jamais : certains immeubles des avenues qui s’échappent de la place de Mai ou du quartier de Recoleta arborent un vrai style haussmanien et le contraste entre le dépaysement et la familiarité est un étonnement sans cesse renouvelé. Je me suis surprise à y retrouver des airs de grandes villes des rives de la Méditerranée (Thessalonique, Rome, Marseille, Syracuse ou Bari) mais aussi, parfois, un air de West Village ou de Berlin.

Buenos Aires 4En haut à gauche, les façades de l’Avenida de Mayo ; à droite, la façade de la basilique San Francesco y San Roque à San Telmo.
En bas à gauche, un bus antédiluvien ; à droite, le Conseil municipal de Buenos Aires, sur la place de Mai.

J’ai profité de la fin de l’été austral comme d’un avant-goût de températures plus clémentes et, arrivée de New York encore sous la neige, la variation de 25 à 30°C était salvatrice. En trois jours de liberté, j’aurai parcouru quelques 70km à pied – arpentant tous les itinéraires de San Telmo au Retiro, de Recoleta à Palermo, de la Boca à Puerto Maduro. Les clichés ancrés dans l’imaginaire collectif du quartier populaire de la Boca, qui aurait vu la naissance du tango m’avaient évidemment devancée. Arpenter le Caminito et immortaliser les encadrements de fenêtres turquoises, le linge qui sèche, le chaos des façades, des balcons et des escaliersBuenos Aires 3

À gauche, une rue du nord de San Telmo. À droite, de haut en bas : une terrasse de Recoleta, une façade de San Telmo et la casa Rosada, siège du pouvoir exécutif, sur la place de Mai.

Mais de cette trop brève exploration, c’est Palermo Soho qui m’a le plus séduite : j’ai adoré son esprit bohème et un peu snob – comme un air du Meatpacking ! -, les avenues percées dans des tunnels arborés, y croiser des perruches plutôt que des pigeons, flâner entre les enseignes de créateurs locaux et résister à ces mille tentations, photographier chaque angle de chaque rue et siroter un smoothie en terrasse. En voici quelques images, qui tentent d’en capturer la douce nonchalance.

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Les plots colorés, les transats, les arbres et même les perruches en vol !

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Cette première découverte de l’Argentine m’a fait promettre d’y revenir pour en explorer les paysages mythiques. Et vous, avez-vous déjà été à Buenos Aires ? Et dans le reste du pays ? Quels en sont vos meilleurs souvenirs ?