Naxos.

Lors de ce périple grec, j’ai découvert Naxos. L’île est un équilibre parfait entre les paysages sauvages et tout en relief du Péloponnèse et le charme des Cyclades. Au carrefour de l’archipel, elle s’impose comme un refuge, sereine et accueillante. J’ai été surprise, dès les premiers pas dans Chora, par cette douceur de vivre, cet art de savourer l’instant sans empressement. Nous logions au sud de l’île, en bord de plage, et la route qui conduisait à l’hôtel n’était même pas revêtue. Un rêve – une sensation de bout du monde. Je n’avais prévu que trois jours à Naxos, j’aurais pu y passer plusieurs semaines sans me lasser. Tout m’y a enchantée. Je suis allée saluer Demeter et les iguanes qui ont investi le temple, au sommet d’une colline, au coeur d’un paysage de Méditerranée. À Chalki, j’ai rencontré une tisserande, dont le métier à tisser trônait au centre de sa boutique et j’ai visité la distillerie où la liqueur locale, le Kitron, à base de cédrat, est réalisée dans le même alambic depuis 1898. À Apiranthos, j’ai profité d’une halte à l’ombre d’un oranger pour goûter une baklava maison. Chaque virage de la route s’ouvrait sur des horizons maritimes parsemés d’îles – Paros, Ios, Koufonissia, Iraklia – ou sur la silhouette tutélaire du Mont Zeus, qui domine les Cyclades. Et partout, cette atmosphère rieuse et apaisante.

Au crépuscule, nous ne pouvions manquer le rendez-vous avec la porte d’Apollon. La magie opère : la pierre ocre accroche parfaitement la lumière rasante de la fin de journée et ses nuances dorées. Là encore, peu de monde. L’encadrement de ce vestige offre mille perspectives sur la mer, la ville, les découpes occidentales de l’île. Chaque angle est un émerveillement. Et à mesure que le soleil décline et que les vagues, elles aussi, capturent la lumière, il semble que l’atmosphère paisible se réifie mystérieusement, en une fraction de seconde, sur les arêtes de la porte d’Apollon ou sur les brins de romarin. J’ai une tendresse particulière pour le mot « ataraxie », pour sa sonorité, pour sa signification, pour tout ce quoi il fait tendre. À Naxos, l’ataraxie se devine. Elle s’est installée là et se laisse découvrir par fragments – sur les rivages de Plaka et de Pirgaki, sur les hauteurs de la citadelle, sur le port, dans les ruelles de Filoti.

Naxos fut une révélation, un alignement parfait. Une définition de la joie.

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