Happy places.

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C’est arrivé dans le même week-end, dans deux villes différentes. Je me suis retrouvée, un peu par hasard, dans des lieux qui dégageaient une énergie positive, une espèce de dynamisme déterminé, une bonne humeur communicative. Samedi, c’était à Paris. Une amie américaine était là pour quelques jours et nous étions convenues de nous retrouver pour bruncher. Il n’y a pas tant de lieux qui proposent des brunchs le samedi dans Paris. Une recherche sommaire vendredi soir nous a conduites chez Régal, dans le VIème arrondissement. Les avis sur internet promettaient un brunch composé de produits frais et d’excellente qualité. Tout à fait exact. Nous nous sommes… régalées ! (Oui, je sais, elle était évidente). J’ai particulièrement apprécié la volonté de ne pas sombrer dans la facilité des viennoiseries et de proposer un menu qui incite à l’expérimentation. Mention spéciale pour la soupe de légumes du marché savamment relevée au safran, la sélection de fromages, la variété de thés et de jus Alain Milliat, et le moelleux de la brioche au chocolat. Il faut ajouter à ces louanges gustatives un cadre clair, élégant et sobre, une ambiance joyeuse, la joie manifeste des clients et surtout, la capacité de l’équipe à nous faire nous sentir comme à la maison dès les premiers échanges. On s’y sent habitué à peine passé le pas de la porte. Les trois maîtres de cérémonie chantonnent, reprennent un refrain en chœur, taquinent un retardataire, viennent discuter un peu, plutôt que de simplement s’enquérir de notre satisfaction. Le temps s’étirait pour profiter pleinement du moment que nous y passions. En sortant, nous avions une énergie nouvelle, un enthousiasme qui devait au moins autant à ce que nous avions mangé qu’à l’atmosphère du lieu. Comme si, tous les projets dont nous avions parlé pendant la durée de ce brunch pouvaient se réaliser en un claquement de doigts, portés par les bonnes ondes de chez Régal.

Dimanche, je partais à Amsterdam pour un déplacement professionnel. J’avais choisi un hôtel dans le quartier des canaux nord, dont j’avais gardé un excellent souvenir lorsque j’avais découvert cette ville l’année dernière. Une fois encore, j’avais dû composer avec des critères indépendants de ma volonté (un budget, un lieu de réunion, la proximité de la gare). Au point de rencontre de ces différents impératifs et de mon goût pour des hôtels qui ont une âme, du style et un indéniable confort, il y avait The Hoxton. L’adresse de Shoreditch résonnait comme une figure mythique de l’époque où je vivais à Londres. J’ignorais que l’institution s’exportait, désormais. C’était le lieu idéal pour ce morceau de week-end dans une ville que je connais assez mal et dont les contrastes m’ont à nouveau troublée. The Hoxton est bien davantage qu’un hôtel, c’est un lieu de vie : une bibliothèque, un restaurant, un salon, des ordinateurs et un accueil simple, souriant, amical : tout est fait pour s’y sentir bien dans la seconde. Ma chambre avait un petit air rétro qui m’a beaucoup plu, des petits mots plein d’humour et bienveillants étaient glissés un peu partout, et j’aurais pu passer des jours entiers dans le lit-cocon-nuage (avouerais-je que j’ai essayé d’identifier la marque de la literie et du linge de lit pour pouvoir reproduire cet effet-là chez moi ? mais ce fut un échec, hélas…). Le dîner s’est également révélé une belle surprise, aussi délicieux que réconfortant : assise dans un canapé, avec vue sur les cuisines, j’ai adoré l’idée d’un burger sain et végétarien, avec falafel, chips de persil et aubergine grillée, accompagné de butternut rôti. Cet hôtel, aménagé dans cinq maisons traditionnelles amstellodamoises en bord de canal, est un havre de confort, de joie de vivre et de style. Si j’y étais venue entre amis, nous y aurions refait le monde plusieurs fois dans les canapés de la mezzanine, probablement en sirotant les cocktails maison. Si j’y étais venue en amoureux, les petites tables en tête à tête auraient été le décor parfait d’un apéritif de retour de promenade, autour d’un verre de vin et d’une assiette d’inspiration italienne. Et seule, j’ai adoré pouvoir m’échouer dans un profond canapé en cuir, pour lire sous une lumière tamisée, avant de dîner.

Mon amie a qualifié Régal de « happy place » et c’est sans nul doute la meilleure définition pour ces deux lieux. Quelque chose d’ingénu, de vrai, de simple et de joyeux. Je ne pense qu’à y retourner avec des êtres chers, pour partager avec eux cette drôle d’énergie et tous les projets qu’elle fait naître.

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