Abeyance & restlessness.

Posted by on jan 27, 2014 in Meditate, Prattle | No Comments

Lorsque mon cerveau exsangue n’est plus en mesure d’intégrer la moindre information, je finis systématiquement par de longues minutes d’errance sur internet, voguant d’une idée à une autre et faisant défiler mécaniquement les fils d’actualité des réseaux sociaux. Il n’est besoin d’aucune réflexion pour réaliser la vacuité et l’insignifiance de pareilles activités. L’ennui, c’est que nos existences post-modernes sont pavées de ces distractions chronophages, d’une certaine idée de l’urgence, d’addictions qui taisent leur nature. Ce sont des heures qui s’écoulent finalement dans cette espèce d’étourdissement virtuel. Et qu’en retire-t-on ? Puisqu’il semble par ailleurs que les journées sont toujours trop courtes pour consacrer le temps nécessaire à l’essentiel.

Un essentiel qu’il reste peut-être même à définir et qui s’inscrit naturellement dans cette aspiration millénaire à la « vie bonne » et qui m’occupe un peu, dernièrement. Il y a certes les grands objectifs de vie – ceux qui sont presque tangibles et qui, chez moi, ne sont parvenus à dessiner leurs contours que dans le domaine professionnel. Mais cela ne suffit pas. Sans même s’atteler à la vie sentimentale – cet absolu flou artistique dont je ne suis pas certaine qu’il faille attendre quoi que ce soit – je m’interroge sur la meilleure manière d’occuper le temps, pour ne pas le perdre, mais en saisir toute la substance et émailler la vie de cet essentiel encore nébuleux. Voyons…

J’y mettrais spontanément les êtres les plus chers, pour cette sensation d’accéder auprès d’eux à toute la profondeur de l’existence, une dimension exaltante où tout semble entrer en résonnance. Ensuite, la perpétuelle recherche de la beauté : celle des mots qui s’ajustent parfaitement – se concentrer ainsi sur le panthéon de la littérature ? -, celle d’images qui captivent, celle qui surprend lorsque l’on s’y attend le moins – une lumière, une tonalité, un paysage qui se révèle, le brouillard qui se lève -, celle de ces airs dont sourdent d’extraordinaires émotions, où la conscience s’enlise. L’essentiel n’est-il pas fait également des découvertes, d’une intention de tendre vers l’élégance et la sagesse, d’un inlassable émerveillement ? Enfin, j’ajouterais ces instants où il semble ne rien se passer, où l’esprit se pose, comme pour observer le présent qui ne cesse de s’échapper, accordant une importance cruciale à ce qui est.

Ainsi, c’est toute l’organisation du quotidien qu’il faudrait repenser : les insignifiances ne viendraient alors que le saupoudrer, lorsque tout le temps nécessaire aura été accordé aux fondamentaux. L’essentiel naît de l’équilibre.


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